La poésie, vent faisant s’agiter l’herbe, de «La Colline aux Coquelicots».

Alors que l’année 2012 commence à peine, que l’actualité économique devient écrasante, l’envie nous est venue de nous sortir des réalités économiques et d’aller au cinéma. La sortie du dernier film des studios Ghibli, La Colline aux Coquelicots de Gorô Miyazaki nous en a donné le prétexte.

Synopsis

Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l’horizon. Au lycée, quelqu’un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C’est peut-être l’intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu’Umi n’a pas manqué de remarquer…
Attirés l’un par l’autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d’activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu’à la rédaction du journal. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d’un secret qui entoure leur naissance et semble les lier…
Dans un Japon des années 60, entre tradition et modernité, à l’aube d’une nouvelle ère, Umi et Shun vont se découvrir et partager une émouvante histoire d’amitié, d’amour et d’espoir.

Source: Allociné

Le Japon des années 1960

Le contexte dans lequel se déroule l’action est primordial, et chose importante, nous ne le découvrons que progressivement. En effet, nous sommes dans un Japon marqué par la capitulation après les bombes étatsuniennes de Hiroshima et Nagasaki, ainsi qu’un pays marqué par son engagement dans la guerre de Corée aux côtés de l’administrateur étatsunien pour un soutien naval et logistique face aux prétentions communistes sur la péninsule.

L’histoire en elle-même est fortement sous l’emprise de ce passé, Umi a perdu son père dans la guerre de Corée, Shun quant à lui a été recueilli, mais se pose la question de ses origines.

Par ailleurs, le Japon des années 1960 comme la monde est en plein bouillonnement intellectuel qu’explique les agitations entre la tradition et la modernité, tensions révélées par la menace de la destruction du foyer, nommé Quartier Latin, construit à l’ère Meiji. L’édifice jugé vétuste devrait être démoli par le lycée pour en construire un nouveau. L’historien y voit là, l’éternelle tension pour savoir ce que nous devons conserver du passé.

La poésie

Comme souvent dans les œuvres des studios Ghibli, la musique tout autant que l’action occupe l’espace. La Colline aux Coquelicots ne déroge pas à la marque de fabrique de la maison. Aussi retrouvons-nous des rythmes que les plus âgés reconnaîtrons sans aucun doute, dans un Japon s’ouvrant à la culture étatsunienne. Ainsi retrouvons-nous des chants étatsuniens traduits et interprétés en japonais (e.g. Red River Valley). La poésie de cette charmante histoire en ressort grandi par l’appui d’une musique simple, sans fioritures, qui nous emporte dans une histoire à la fin inattendue mais pressentie, une belle fin, mais comment aurait-il pu en être autrement?

En bref, comme toujours, un film qui nous emmène dans un monde autre que le nôtre, bien plus réel que la féérie de son père, Gorô, a su insuffler magie, tranquillité tout à la fois qu’émotion, mouvement, un film à voir. À condition, comme pour tout film, d’être prêt à se laisser emporter, submerger, et à s’immerger.

 

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