À tous ceux que la mort a croisé

Une fois n’est pas coutume, voyons une actualité plus personnelle, pour évoquer ce que tous nous avons vécu ou vivront, la mort de quelqu’un que nous apprécions.

La vie n’est qu’un long chemin vers la mort

Voilà une affirmation, d’un réalisme frappant. Néanmoins, si notre mort est une chose à laquelle on est préparé, car après tout, nous le savons tous, nous allons mourir un jour. Nous vivons avec, c’est d’ailleurs dans une société aseptisée comme la nôtre, ou nous cherchons à tout prévoir, un des derniers faits imprévisibles. Et fort heureusement, car sinon, la vie n’aurait pas la même saveur si nous savions quand est-ce qu’elle se terminerait.

Mais voilà, si nous sommes, peu ou proue, préparés à l’idée de notre propre mort comme étant une issue nécessaire de notre vie, la mort des autres nous touche davantage. En effet, nous ne pouvons nous empêcher de penser que ce sont les perspectives de bonheur de quelqu’un qui sont rompues, si cette personne est âgée, cela nous paraît être davantage dans un certain ordre des choses, mais lorsqu’il s’agit de jeunes personnes qui avaient probablement plus de vie devant elles que derrière, statistiquement; dans ce cas, nous sommes souvent désemparés, et ne savons que penser.

Accidents, maladies, meurtres, autant de choses frappant les Hommes inopinément, et nous rappelant à quel point notre sort nous échappe en grande partie, montrant que cette Liberté que nous revendiquons ne saurait pouvoir s’appliquer qu’au sein de la société.

La mort, un mot, qui fait basculer votre vie si elle vous frappe, et fait basculer celle de votre entourage, plus ou moins proche, qui devra s’accoutumer à l’idée que vous n’êtes plus là que part une pierre où votre nom est gravé. Se résoudre à ne vous voir que par des souvenirs, regretter tout le mal qu’on a pu vous faire, repenser aux bons moments et imaginer tous ceux qui n’ont pu avoir lieu.

Tous, je présumes, à la mort d’un proche avons pu le vivre ainsi. Ressentir une certaine solitude, un vide autour de soi. Se dire, parfois, que l’on en est responsable, se dire que nous aurions dû mourir à sa place. Nous pouvons nous le dire, mais que cela changerait-il? Rien. Souvent, nous entendons que le mort n’aurait pas voulu cela, c’est fort aisé de le faire parler à présent.

Néanmoins, chaque épreuve de la vie, aussi difficile soit-elle, nous fait nous remettre en question, nous ouvre de nouveaux horizons, nous forme. La mort de quelqu’un peut nous faire rencontrer d’autres personnes, nous aider à nous découvrir nous-même.

La mort, ne saurait dissoudre l’amour – au sens général – que nous ressentons pour le mort, l’amour est plus fort que la mort. Quelque soit la force de nos sentiments pour une personne décédée, elle existe toujours par le souvenir que nous en avons, par ce qu’elle laisse. Il ne faudrait pas pour autant cultiver une trop grand amour du passé, mais bien s’en servir pour construire l’avenir. Le passé fait l’avenir, chacun de nous fera demain, chacun des morts que nous serons, serons encore là demain par ce que nous aurons contribué à créer, de sorte, qu’in fine, mourir ne signifie pas cesser d’exister.

Hommage à M. C., décédée le 29 novembre.