Une situation périlleuse (VIII): L’avenir, éducation et culture?

Alors que la crise s’étend à l’Europe, que le Premier ministre vient d’engager un plan permettant de remplir l’objectif de 4,6% de déficit en 2012, il convenait pour nous de consacrer une série d’articles à la situation périlleuse que nous vivons. En effet, dans la frénésie d’informations que nous avons vécu cet été, entre la crise de l’euro, la dégradation de la note étatsunienne, les violences au Royaume-Uni, les révolutions arabes et la guerre de Lybie, il nous paraissait indispensable de faire un point sur une situation que nous qualifierions de périlleuse.

Notre série est composée de neuf articles, neuf comme le dernier chiffre, la fin idéale de toute série. Un article est publié chaque jour à 11h30 sur le blog. Voici notre huitième:

L’avenir, éducation et culture?

L’avenir, se préparait, dès lors les questions d’éducation et de culture deviennent déterminantes et cruciales. Voyons ce qui l’en est.

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Aporie de la préparation à l’avenir

Tout d’abord, nous allons interroger les termes, n’est-il pas vain de préparer l’avenir, peut-on préparer l’avenir.

L’avenir, c’est qui va arriver dans le futur, nous parlons ici, du futur des nations, du monde, des peuples, donc ce n’est pas le futur de demain, auquel cas, nous pouvons décemment prétendre nous y préparer, mais l’avenir de sociétés humaines, dont l’horizon se situe plus vraisemblablement à dix, quinze, vingt ans, voire une ou deux générations, n’est-il pas vain de s’y préparer.

En effet, la question de la préparation de l’avenir est aporétique à plusieurs égards, notamment en Europe. Par exemple, en France, comment un chef de l’État peut-il se targuer de préparer l’avenir dans un quinquennat où de fait, l’intérêt pour un avenir à très long-terme, est nul, tellement les élections intermédiaires sont nombreuses et détourne le gouvernement de son objet. La préparation d’un avenir peut-elle se faire en cinq ans par un gouvernement assailli davantage par les questions conjoncturelles que structurelles?

Par ailleurs, la question devient encore davantage aporétique lorsque l’on part de ses termes: préparer l’avenir, n’y a-t-il pas là quelque oxymore, car pour préparer quelque chose, encore faut-il de quoi il est fait, or s’il y a bien quelque chose que l’on ne maîtrise pas c’est bien l’avenir. Tout au plus, pouvons-nous tâcher de l’orienter, mais comment préparer notre jeunesse à son avenir dans des sociétés où technologies, idées, modes, passent toujours plus rapidement. Néanmoins, on nous présente souvent l’éducation et la culture comme étant les biais par lesquels nous préparons les générations futures à l’avenir.

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Éducation, instruction, d’un peuple et conditionnement

Avant tout, fixons les choses, nous parlerons ici, aussi bien d’éducation que d’instruction, c’est-à-dire respectivement de la mise en œuvre des moyens propres à assurer la formation et le développement de l’être humain (incluant les méthodes, les règles sociales), et l’instruction qui est l’action d’enseigner les savoirs, d’enrichir l’esprit desdits savoirs.

L’éducation est nécessaire pour la vie en société, donc elle préparer l’avenir dans lequel la société demeurera civilisée – sauf si vous êtes rousseauistes et pensez que la civilisation détruit l’Homme –. Si l’éducation est logiquement conservatrice, puisqu’elle demande l’acquisition des normes sociales du moment et leur respect, les évolutions des normes sociales sont suffisamment lente pour aller de paire avec la préparation d’un avenir qui s’aperçoit tout aussi lentement.

L’éducation peut, conditionner, elle est d’ailleurs l’élément principal de tout conditionnement d’un peuple. Si dans les premiers temps de la vie, il est nécessaire d’éduquer l’individu, il faut que l’arrivée au collège, soit le début d’un nouvel apprentissage, non plus l’éducation mais l’instruction où l’individu va se nourrir de savoirs nouveaux, où il pourra s’investir dans ses savoirs, contester ses professeurs, commencer à penser par lui-même, afin de s’extirper du risque de conditionnement que peut induire l’éducation. Cette autonomisation se parachèvera par l’année de terminale marquée par l’apprentissage de la philosophie, où l’élève va remettre en question le fondement de chacun de ses savoirs et s’interroger sur plus profond que l’immanence.

Force est de constater qu’aujourd’hui, l’école de la République, a perdu cela, tant on demande aux élèves de devenir de bons citoyens, laissant trahir un brin de conditionnement en fait. Non, l’éducation et l’instruction doivent certes porter l’élève à respecter les normes sociales, mais aussi à les interroger dans leurs fondements afin de les remettre en cause éventuellement, s’il les juge inaptes à maintenir la paix sociale.

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Culture et cultures

Ensuite, vient la nécessaire question des savoirs. Quelle culture donnée? Une fois n’est pas coutume, nous allons prendre ici, une position tranchée. Si l’élève doit maîtriser la culture nationale, les auteurs, les faits de sa nation pour s’y reconnaître (une assimilation donc), il faut également pour comprendre le monde, qu’il apprivoise les cultures autres.

Et c’est là que devrait surgir l’enseignement secondaire au niveau du lycée et supérieur, approfondir la culture nationale, et ouvrir la connaissance d’autres par rapport à celle-ci. Penser à ne pas calquer des modes de pensées européens français sur des modes de pensées européens polonais, ou indiens, chinois, étatsuniens…

L’élitisme de l’école républicaine française doit se traduire par l’épanouissement de l’individu dans la maîtrise de sa culture et l’ouverture sur d’autres, que ce soit pour quelqu’un qui se dirige vers des métiers manuels, car il est important d’apercevoir la culture française dudit métier, ou vers des métiers intellectuels.

La France a la richesse d’un système éducatif qui pourrait être performant, seulement si on lui donnait pour objectif l’excellence et non pas l’uniformisation dans le minimum requis.

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Si nous avons montré l’aporie de vouloir préparer l’avenir, nous avons montré que pour faire face à l’avenir, il faut des jeunes capables de s’y adapter, de maîtriser leur culture, leurs racines, mais aussi de comprendre les autres, afin d’y faire face, mais aussi afin de s’y associer.

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