Une situation périlleuse (V): Entre rigueur et relance

Alors que la crise s’étend à l’Europe, que le Premier ministre vient d’engager un plan permettant de remplir l’objectif de 4,6% de déficit en 2012, il convenait pour nous de consacrer une série d’articles à la situation périlleuse que nous vivons. En effet, dans la frénésie d’informations que nous avons vécu cet été, entre la crise de l’euro, la dégradation de la note étatsunienne, les violences au Royaume-Uni, les révolutions arabes et la guerre de Lybie, il nous paraissait indispensable de faire un point sur une situation que nous qualifierions de périlleuse.

Notre série est composée de neuf articles, neuf comme le dernier chiffre, la fin idéale de toute série. Un article est publié chaque jour à 11h30 sur le blog. Voici notre cinquième:

Entre rigueur et relance

La nouveauté de cette énième crise du capitalisme, est que cette fois, la défiance a gagné la signature des États, il convient donc de s’interroger sur le chemin à suivre, entre rigueur budgétaire et nécessaire relance économique.

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Dépenses dispendieuses et rigueur

Des dépenses dispendieuses, car en effet, le déficit ce sont des dépenses qui exigent beaucoup de dépenses, puisque le service de la dette est, désormais, le premier poste budgétaire de l’État français. S’opère alors une douloureuse prise de conscience, tardive, l’État ne peut pas s’endetter indéfiniment, ce n’est pas raisonnable, même en temps de guerre (les analystes de la question ont tendance à oublier que la France est en guerre contre, par exemple, la Libye, l’Afghanistan). Ces déficit pourraient être justifiés si la guerre était à nos portes.

De ce fait, se pose la question de la réduction du déficit. Dès lors, il faut choisir entre des options toutes désagréables pour un politique, augmenter les impôts, réduire les dépenses. Les marges de manœuvres sont faibles, car des dispositions sont difficiles à accepter. Le Premier ministre a mis en avant, les décisions gouvernementales: taxe exceptionnelle sur les plus hauts revenus, taxe sur les boissons sucrées, augmentation des prix du tabac et des alcools, passage de la TVA à 19,6% pour les parcs d’attraction. Curieusement, la solutions ayant suscité le plus de réactions est celle sur lesdits parcs (retrouverions-nous là le fameux: panem et circenses?). Chacun s’accorde pour qualifier ces décisions de rustines, mais à peu de mois d’une élection devant renouveler l’exécutif, le pouvoir actuel arrive en pratique à bout de souffle de légitimité pour engager une véritable réforme fiscale…

Du côté des dépenses, le gouvernement s’est bien gardé d’intervenir, cela serait trop risqué en France, même si nous pouvons constater l’étranger docilité des Français! Enfin, la dernière “innovation” serait la constitutionnalisation de la règle d’or qui prohibe les déficits, ou du moins les tempèrent.

Mais cette rigueur, si elle s’attaque aux investissements de l’État, seul domaine auquel la population semble insensible, pourrait à terme, compromettre la croissance à venir.

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Relance et dépenses dispendieuses

En effet, la crise de 2008 fut endiguée, dans un premier temps, par l’action énergique des États pour relancer l’économie et repousser le spectre d’une dépression. Mais, la relance suppose des dépenses supplémentaires imprévues et donc, dispendieuses.

C’est à ce moment qu’apparaît la complexité de l’économie dans le sens où, la relance suppose des déficits qui demandent du fait de l’inconscience des pouvoirs politiques avant la crise, un traitement draconien, remettant en cause la croissance promise par la relance.

La relance implique des choix et force est de constater que dans le plan de relance adopté par la France, on a fait du recyclage! Que d’idées déjà épuisées et inefficaces à l’heure actuelle, certes on a maintenu le secteur du bâtiment, ô combien important, mais qu’en fut-il du secteur tertiaire? Des propositions pour un avenir industriel pour la France? Rien, comme si, les idées politiques nouvelles venaient à manquer en France. Même la campagne 2012 ne laisse pas rêver à ce sujet, nous voudrions un peu d’innovations politiques, quitte à échouer autant échouer en tentant différemment, plutôt qu’avec des solutions surannées!

La clef de l’avenir se révèle être dans un savant jeu d’équilibrisme entre relance et rigueur afin de maintenir une croissance suffisante pour éviter une nécessaire relance, créer de l’emploi, et donc diminuer les dépenses sociales, mais aussi permettre davantage de rentrées fiscales et donc facilité l’effort de rigueur budgétaire.

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Dépenses dispendieuses, souveraineté et avenir

Avec la crise des dettes souveraines se posent, ô surprise, la question de la souveraineté. Comme déjà évoquer précédemment (se référer à cet article), la question de la dette pose celle de la souveraineté. En effet, si le vote du budget est une décision souveraine, y compris en déficit, cela revient à confier le financement de l’État à d’autres que la Nation et donc amoindrir la souveraineté.

Par ailleurs, les capacités d’endettement d’un État sont certes, en théorie, infinie, mais l’endettement présent affaibli les possibilité d’endettement futur, car la raison ne peut tolérer des dettes excessives. C’est porter atteinte aux marges de manœuvre des générations futures que de s’endetter immodérément, notamment pour des dépenses de fonctionnement, et non pas des dépenses qui préparent la croissance de demain. Certes, chaque fonctionnaire contribue par son action à l’efficacité de l’État, mais est-il raisonnable d’en avoir autant? Ne peut-on pas rationaliser l’État? Cela sans tout de suite être traité d’odieux libéral, non il s’agit pour l’État d’être efficace à moindre coût pour ses administrés, et ainsi pouvoir dégager des financements pour de nouvelles dépenses.

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En conclusion, la crise actuelle nous apprend, que les États également peuvent avoir des difficultés, et que même s’ils ne peuvent faire faillite (ce qui suppose disparition), ils peuvent faire banqueroute. L’État n’est pas tout-puissant, mais il a cet avantage de pouvoir répudier ses dettes, avantage non négligeable mais à user avec parcimonie. L’avenir s’y risquera-t-il?

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