Une situation périlleuse (IV): crise et après-crise, crise d’idées

Alors que la crise s’étend à l’Europe, que le Premier ministre vient d’engager un plan permettant de remplir l’objectif de 4,6% de déficit en 2012, il convenait pour nous de consacrer une série d’articles à la situation périlleuse que nous vivons. En effet, dans la frénésie d’informations que nous avons vécu cet été, entre la crise de l’euro, la dégradation de la note étatsunienne, les violences au Royaume-Uni, les révolutions arabes et la guerre de Lybie, il nous paraissait indispensable de faire un point sur une situation que nous qualifierions de périlleuse.

Notre série est composée de neuf articles, neuf comme le dernier chiffre, la fin idéale de toute série. Un article est publié chaque jour à 11h30 sur le blog. Voici notre quatrième:

Crise et après-crise, crise d’idées

La crise a frappé l’ensemble du monde, des puissances européennes, à la puissance étatsunienne, en passant par les puissances chinoise, indienne, brésilienne, russe ou encore japonaise, aucun pays n’en sortira indemne. Néanmoins, il semble qu’il y ait bien plus qu’une crise économique, mais bien une crise intellectuelle, des idées pour le monde.

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Crise du capitalisme

Une crise, tout d’abord, du système capitaliste, d’une ampleur sans précédent pour l’ensemble des agents économique en souffrent, entreprises, individus et même les tout-puissants États. Jamais capitalisme ne connut telle crise, ce qui fait évidemment écho au fait que jamais capitalisme ne fut adopté par tant d’États dans le monde.

La crise se caractérisent par l’attaque sur les marchés financiers, moteur du capitalisme en ceci que ces marchés, comme tout marché, mettent en relation des agents économique, ceux qui sont demandeurs et ceux qui offrent un produit quelconque, des parts sociales pour le marché des actions par exemple. Voilà que le système s’aperçoit de ses failles, qui deviennent béantes.

La faille, qui nous paraît la plus cruciale, est que pour réellement fonctionner sereinement, les marchés vivent, en théorie, dans un cadre de concurrence pure et parfaite – c’est-à-dire, un marché qui satisfait cinq conditions : atomicité du marché, homogénéité des produits, transparence du marché, libre entrée et libre sortie, libre circulation des facteurs de production –. Or, il est, en pratique, impossible à réaliser et nous pensons que les crises cycliques, auxquelles nous a habitué le système capitaliste proviennent de ce postulat préalable. Crises schématisées par les courbes de Kondratieff, en théorie de longue durée, mais qui semble s’être fortement raccourci à mesure que le capitalisme se développe, ces failles en apparaissent d’autant plus vite et fortement pour l’économie.

Le capitalisme est, néanmoins, apparu, du fait du retentissant échec de l’URSS, comme le seul modèle viable et pour cause…

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Crise de l’alternative

En effet, nous devons faire également face à une alarmante crise d’alternative. Alors qu’il y a à peine 30 ans, face à une telle crise du capitalisme, les promoteur du communisme se seraient engouffrés dans la brèche, aujourd’hui, rien.

Tout juste quelques économistes se hasardent-ils à présenter le modèle chinois comme une application d’un capitalisme autoritaire comme étant la solution efficace du moment. Cela, sans apercevoir que la Chine a un tel avantage absolu en terme de salaire et un tel écart à combler que le système est sur une lancée qui se trouvera freinée nécessairement par des aspirations nouvelles d’égalité en Chine, tant le capitalisme à la mode communiste chinoise crée de fortes inégalités. Autant l’égalité dans la misère peut créer les conditions du rêve d’un meilleur avenir, les inégalités bornent le débat à une demande de retour à l’égalité, voulue nécessairement par le haut.

Une alternative se dessine toute fois, l’écologisme. Mais voilà, l’écologisme n’apparaît pas comme une alternative prometteuse, nous sommes nombreux à ne pas en voir les visées économiques, la viabilité à long-terme, si chacun peut s’accorder à vouloir vivre dans un monde plus propre, ce qui est d’une terrible banalité et d’un bon sens achevé; l’écologisme ne l’incarne pas. Pour beaucoup il constitue encore, un retour à l’âge de pierre et un refus du progrès. De plus, comme le communisme en son temps, l’écologisme se fonde sur une science sensée être certaine, et use des mêmes méthodes coup-de-poing, peu propice à en faire un avenir rêver. Ne se moque-t-on pas des écologistes en les décrivant en pastèque: verts à l’extérieur, rouge à l’intérieur.

Il est donc, dramatique de voir que rien ne paraît pouvoir faire alternative au capitalisme libéral occidental. Pas même le nationalisme, éprouvé par les guerres mondiales, la Nation du XXIe paraît être un cadre vivant, car on s’y reconnaît, mais nous sommes conscient qu’il s’avère souvent dépassé.

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Crise de l’après-crise

Crise de l’après-crise également, car si aucun système ne paraît pouvoir se substituer au capitalisme, il apparaît également que le capitalisme ne semble pas pouvoir se tirer durablement de cette interminable crise donc les épisodes se succèdent depuis 2008, chacun craignant un renouveau de la crise de 1929 et ses massacres finaux faisant naître un monde fort précautionneux dans sa rhétorique mais de nouveau imprudent en économie… Comme si, la crise était vouée à se répéter, les Hommes cherchant toujours et encore un profit, sans jamais pouvoir profiter.

Nous parvenons toujours pas à imaginer vers quel monde nous voulons nous diriger, l’indécision caractérise cette crise, dont les relents sonnent comme autant de soubresauts d’un système finissant, et comme toujours la moment le plus ardu est celui où l’ancien système n’est pas tout à fait mort et où le nouveau n’est toujours pas encore totalement né. Nous sommes là, à la croisée des chemin, et 2012 pourrait nous promettre la fin d’un monde, celui dans lequel nous vivons.

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En guise, de conclusion, nous noterons cette phrase qui nous est venue à la rédaction de la dernière partie et qui selon nous caractérise nos vies actuelles: la vie n’est plus quelque chose dont on profite mais bien quelque chose que l’on met à profit pour son profit pécuniaire.

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