Une situation périlleuse (II): la fin d’un règne

Alors que la crise s’étend à l’Europe, que le Premier ministre vient d’engager un plan permettant de remplir l’objectif de 4,6% de déficit en 2012, il convenait pour nous de consacrer une série d’articles à la situation périlleuse que nous vivons. En effet, dans la frénésie d’informations que nous avons vécu cet été, entre la crise de l’euro, la dégradation de la note étatsunienne, les violences au Royaume-Uni, les révolutions arabes et la guerre de Lybie, il nous paraissait indispensable de faire un point sur une situation que nous qualifierions de périlleuse.

Notre série est composée de neuf articles, neuf comme le dernier chiffre, la fin idéale de toute série. Un article est publié chaque jour à 11h30 sur le blog. Voici notre second:

La fin d’un règne

La crise que nous traversons semble faire apparaître la fin prochaine d’un règne, celui de l’Occident sur le monde. Longtemps prophétisée, cette chute, serait-elle en marche? Nous reviendrons tout d’abord, sur les éléments de cette domination, puis nous montrerons que ce règne persistera, enfin nous nous questionnerons et démontrerons la vacuité de penser un tel règne.

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Éléments d’un règne.

Le règne occidental est présent à l’esprit de beaucoup au travers de systèmes présentés comme autant de moyen de domination: l’ONU, créée par les Occidentaux, et où ils ont un poids déterminant grâce aux veto accordés à la France, aux États-Unis, au Royaume-Uni mais aussi à la Russie et à la Chine dont l’appartenant à l’Occident peut poser question. Règne également au travers de l’OTAN, qui assurerait la domination militaire du monde, en menaçant à tout moment n’importe quel État.

Le règne se caractérise également par la domination intellectuelle célébrée au travers, notamment, du droits-de-l’hommisme. De même par l’adoption par tous ou presque du capitalisme, menant à une domination économique faisant ainsi des puissances occidentales les premières en PIB, notamment les États-Unis. Puissances qui sont aussi les premières contributrices au FMI et à la BIRD (Banque Mondiale), et qui leur donne le droit de choisir les présidents de ces organismes.

Or la crise semble faire voler en éclats ce schéma de la puissance occidentale dominant le monde, que ce soit la Chine donneuse de leçons en matière de gestion publique, l’incapacité des Occidentaux à relancer fortement leurs économies, la contestation toujours plus intense de leur prédominance au sein de l’ONU et de ses organisations connexes (notamment l’OMC).

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Persistance d’un règne

Malgré tout, l’Occident persiste dans sa domination, comment? Par l’Histoire de l’humanité: en effet, du fait de la colonisation, l’alphabet latin est utilisé dans l’écrasante majorité des pays du monde, ce qui est là une manifestation de cette prédominance. Par ailleurs, du point de vue intellectuel, il en est de même, que ce soit le communisme, le capitalisme, l’écologisme, toutes ses pensées sont d’origine européennes et donc, occidentales et sont celles qui demeurent malgré la crise.

De plus, même si la règne des Occidentaux y est contesté, l’ONU en est une création. De même, d’un point de vue économique, l’Occident demeure le principal marché vers lequel se tourne les autres pays, les modes y sont conçues, les pays émergents n’ont pas encore acquis leurs propres forces d’innovation.

Il semble donc, in fine, que l’Occident puisse proroger son règne, pour un moment, il convient à présent de s’interroger, sur la nature de ce prétendu règne.

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Un règne?

Il convient en effet de se questionner à l’égard de cette antienne selon laquelle, l’Occident exercerait une odieuse domination sur l’ensemble du monde et tant qu’à faire, de l’Univers.

Tout d’abord, il faut que nous notions, la fort vague notion d’Occident. En effet, quels pays en font partie, ceux de l’Europe incontestablement, mais quelles limites à l’Europe, la Russie y appartient-elle? De même, l’ensemble des pays du monde ayant adopté des idéologies issues de l’Europe, ne peut-on pas penser que l’Occident se confond avec le monde, et qu’il n’y a en fait que des poches de résistance, de revendication d’une identité particulières?

Pour conclure, le monde des Idées n’est-il pas le premier espace de mondialisation tant les idées circulent et ouvrent de nouveaux horizons à chaque pays, et que chacun d’eux apprivoisent ses nouveautés à sa propre culture. En fin de compte, ce prétendu règne n’est-il pas plutôt pour stigmatiser, pour faire un ennemi de celui qui n’en est pas? Sommes-nous arrivés à ce point de la mondialisation au point qu’il faille nous inventer de nouveaux ennemis? En définitive, la guerre au terrorisme peut apparaître comme la création de ce nouvel ennemi à défaut de pouvoir se faire la guerre entre Nations à l’ancienne… Il en est de même de l’esprit guerrier en sport où parfois cela dégénère remarquablement en conflit qui ressemblent davantage à des guerres.

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En conclusion, il nous semble bien vain de parler de chute de l’Occident tant l’histoire de son interminable déclin engagé depuis au moins l’Empire Romain paraît risible. L’Occident n’existe pas plus que le Monde uni, ce n’est qu’un conglomérat d’idées qui se propagent, elles-mêmes issues de propagations antérieures, ainsi les mathématiques si européennes ont-elles connu leur développement grâce aux chiffres arabes venus d’Inde!

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Une réflexion sur “Une situation périlleuse (II): la fin d’un règne

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