Une situation périlleuse (IX): Idées de crise

Alors que le crise s’étend à l’Europe, que le Premier ministre vient d’engager un plan permettant de remplir l’objectif de 4,6% de déficit en 2012, il convenait pour nous de consacrer une série d’articles à la situation périlleuse que nous vivons. En effet, dans la frénésie d’informations que nous avons vécu cet été entre la crise de l’euro, la dégradation de la note étatsunienne, les violences au Royaume-Uni, les révolutions arabes et la guerre de Lybie, il nous paraissait indispensable de faire un point sur une situation périlleuse.

Notre série sera composée de neuf articles, neuf comme le dernier chiffre, la fin idéale de toute série. Un article sera publié chaque jour sur le blog. Voici notre dernier article:

Idées de crise

Alors que nous ne parlons que de crise et de son éventuelle résolution, il convenait pour cet ultime article de notre série, de s’interroger sur ce que pouvait être une crise.

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Le renouveau de la crise

La crise, notamment en Asie, est perçue comme la chance d’un renouveau. C’est d’ailleurs également ainsi que l’Europe la vit où de chaque crises naissent les avancées arrachées sans jamais de projets d’ensemble.
La crise, c’est l’occasion toujours de se poser, car après la peur panique de la crise elle-même, le temps de la réflexion se doit de venir, temps qui  va faire émerger de nouvelles solutions, et de nouvelles perspectives propres à engager une société dans la voie d’un renouvèlement tant intellectuel que moral, économique et politique.

Vue de la sorte, la crise apparaît tant comme une chance que comme une menace, une chance car elle peut être le tremplin vers un monde nouveau, mais une menace car nul ne sait si ce monde sera meilleur, mais chacun peut espérer que ce monde entre un jour lui-même en crise.

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La crise pour un retour aux fondamentaux

La crise, et c’est là la pensée européenne en général, peut également est la source d’un retour aux fondamentaux.

C’est ainsi que M. Sarkozy envisageait les choses par une refondation du capitalisme, certes tombée dans l’oubli, mais sur le fond, cela revenait à proroger la capitalisme en procédant à l’ablation des membres pourris cause de la crise.

Il en va de même en politique, où les fondamentaux devraient être rebattus, quels régimes, quels idéaux, quels principes, sont aux fondements de nos sociétés, quelles valeurs, quelles idées, quels buts fixent la cohésion de notre Nation.

La crise, est alors un retour à soi, et non pas un repli sur soi, on retrouve son être fondamental, débarrasser de ses excroissances dispendieuses et inutiles.

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Vie et crise(s)

Enfin, la crise est une notion même qui traverse toute vie, toute existence, une vie sans crise serait une fleuve bien tranquille et lassant, duquel nous ne tirions aucune expérience de la vie.

La crise sur laquelle nous paniquons et débattons à longueur de journées, n’est qu’une crise, il faut la relativiser, ce n’est qu’une crise parmi tant d’autres passées et à venir, celle-ci est économique, d’autres furent politique, ou encore militaire. Mais de chaque crise nous sommes sortis raffermis dans la conviction que de toute crise naît une expérience et que malgré tous les rapprochements et toutes les similitudes, chaque crise est unique. Comme chaque étape de notre vie contribue à forger ce que nous sommes et semer ce que nous deviendrons.

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Afin de conclure, cette série d’articles, je tenais à relativiser la crise, car des crises nous ne connaissons tous dans nos existences, ces moments difficiles où parfois nous nous sentons fort seuls jusqu’à l’instant où se ranime la flamme de la vie en nous, et où une main généreuse vient souffler sur celle-ci afin de révéler le meilleur de nous-même.


N’hésitez pas à relire les articles de notre série annoncée dès le 31 août 2011:

Une situation périlleuse

I)

Le modèle allemand

II)

La fin d’un règne

III)

Rêves et illusions d’un monde à venir

IV)

Crise et après-crise, crise d’idées

V)

Entre rigueur et relance

VI)

Europe et idée d’Europe

VII)

Croire et espérer

VIII)

L’avenir: éducation et culture

IX)

Idées de crise

Une situation périlleuse (VIII): L’avenir, éducation et culture?

Alors que la crise s’étend à l’Europe, que le Premier ministre vient d’engager un plan permettant de remplir l’objectif de 4,6% de déficit en 2012, il convenait pour nous de consacrer une série d’articles à la situation périlleuse que nous vivons. En effet, dans la frénésie d’informations que nous avons vécu cet été, entre la crise de l’euro, la dégradation de la note étatsunienne, les violences au Royaume-Uni, les révolutions arabes et la guerre de Lybie, il nous paraissait indispensable de faire un point sur une situation que nous qualifierions de périlleuse.

Notre série est composée de neuf articles, neuf comme le dernier chiffre, la fin idéale de toute série. Un article est publié chaque jour à 11h30 sur le blog. Voici notre huitième:

L’avenir, éducation et culture?

L’avenir, se préparait, dès lors les questions d’éducation et de culture deviennent déterminantes et cruciales. Voyons ce qui l’en est.

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Aporie de la préparation à l’avenir

Tout d’abord, nous allons interroger les termes, n’est-il pas vain de préparer l’avenir, peut-on préparer l’avenir.

L’avenir, c’est qui va arriver dans le futur, nous parlons ici, du futur des nations, du monde, des peuples, donc ce n’est pas le futur de demain, auquel cas, nous pouvons décemment prétendre nous y préparer, mais l’avenir de sociétés humaines, dont l’horizon se situe plus vraisemblablement à dix, quinze, vingt ans, voire une ou deux générations, n’est-il pas vain de s’y préparer.

En effet, la question de la préparation de l’avenir est aporétique à plusieurs égards, notamment en Europe. Par exemple, en France, comment un chef de l’État peut-il se targuer de préparer l’avenir dans un quinquennat où de fait, l’intérêt pour un avenir à très long-terme, est nul, tellement les élections intermédiaires sont nombreuses et détourne le gouvernement de son objet. La préparation d’un avenir peut-elle se faire en cinq ans par un gouvernement assailli davantage par les questions conjoncturelles que structurelles?

Par ailleurs, la question devient encore davantage aporétique lorsque l’on part de ses termes: préparer l’avenir, n’y a-t-il pas là quelque oxymore, car pour préparer quelque chose, encore faut-il de quoi il est fait, or s’il y a bien quelque chose que l’on ne maîtrise pas c’est bien l’avenir. Tout au plus, pouvons-nous tâcher de l’orienter, mais comment préparer notre jeunesse à son avenir dans des sociétés où technologies, idées, modes, passent toujours plus rapidement. Néanmoins, on nous présente souvent l’éducation et la culture comme étant les biais par lesquels nous préparons les générations futures à l’avenir.

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Éducation, instruction, d’un peuple et conditionnement

Avant tout, fixons les choses, nous parlerons ici, aussi bien d’éducation que d’instruction, c’est-à-dire respectivement de la mise en œuvre des moyens propres à assurer la formation et le développement de l’être humain (incluant les méthodes, les règles sociales), et l’instruction qui est l’action d’enseigner les savoirs, d’enrichir l’esprit desdits savoirs.

L’éducation est nécessaire pour la vie en société, donc elle préparer l’avenir dans lequel la société demeurera civilisée – sauf si vous êtes rousseauistes et pensez que la civilisation détruit l’Homme –. Si l’éducation est logiquement conservatrice, puisqu’elle demande l’acquisition des normes sociales du moment et leur respect, les évolutions des normes sociales sont suffisamment lente pour aller de paire avec la préparation d’un avenir qui s’aperçoit tout aussi lentement.

L’éducation peut, conditionner, elle est d’ailleurs l’élément principal de tout conditionnement d’un peuple. Si dans les premiers temps de la vie, il est nécessaire d’éduquer l’individu, il faut que l’arrivée au collège, soit le début d’un nouvel apprentissage, non plus l’éducation mais l’instruction où l’individu va se nourrir de savoirs nouveaux, où il pourra s’investir dans ses savoirs, contester ses professeurs, commencer à penser par lui-même, afin de s’extirper du risque de conditionnement que peut induire l’éducation. Cette autonomisation se parachèvera par l’année de terminale marquée par l’apprentissage de la philosophie, où l’élève va remettre en question le fondement de chacun de ses savoirs et s’interroger sur plus profond que l’immanence.

Force est de constater qu’aujourd’hui, l’école de la République, a perdu cela, tant on demande aux élèves de devenir de bons citoyens, laissant trahir un brin de conditionnement en fait. Non, l’éducation et l’instruction doivent certes porter l’élève à respecter les normes sociales, mais aussi à les interroger dans leurs fondements afin de les remettre en cause éventuellement, s’il les juge inaptes à maintenir la paix sociale.

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Culture et cultures

Ensuite, vient la nécessaire question des savoirs. Quelle culture donnée? Une fois n’est pas coutume, nous allons prendre ici, une position tranchée. Si l’élève doit maîtriser la culture nationale, les auteurs, les faits de sa nation pour s’y reconnaître (une assimilation donc), il faut également pour comprendre le monde, qu’il apprivoise les cultures autres.

Et c’est là que devrait surgir l’enseignement secondaire au niveau du lycée et supérieur, approfondir la culture nationale, et ouvrir la connaissance d’autres par rapport à celle-ci. Penser à ne pas calquer des modes de pensées européens français sur des modes de pensées européens polonais, ou indiens, chinois, étatsuniens…

L’élitisme de l’école républicaine française doit se traduire par l’épanouissement de l’individu dans la maîtrise de sa culture et l’ouverture sur d’autres, que ce soit pour quelqu’un qui se dirige vers des métiers manuels, car il est important d’apercevoir la culture française dudit métier, ou vers des métiers intellectuels.

La France a la richesse d’un système éducatif qui pourrait être performant, seulement si on lui donnait pour objectif l’excellence et non pas l’uniformisation dans le minimum requis.

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Si nous avons montré l’aporie de vouloir préparer l’avenir, nous avons montré que pour faire face à l’avenir, il faut des jeunes capables de s’y adapter, de maîtriser leur culture, leurs racines, mais aussi de comprendre les autres, afin d’y faire face, mais aussi afin de s’y associer.

Une situation périlleuse (VII): Croire et espérer

Alors que la crise s’étend à l’Europe, que le Premier ministre vient d’engager un plan permettant de remplir l’objectif de 4,6% de déficit en 2012, il convenait pour nous de consacrer une série d’articles à la situation périlleuse que nous vivons. En effet, dans la frénésie d’informations que nous avons vécu cet été, entre la crise de l’euro, la dégradation de la note étatsunienne, les violences au Royaume-Uni, les révolutions arabes et la guerre de Lybie, il nous paraissait indispensable de faire un point sur une situation que nous qualifierions de périlleuse.

Notre série est composée de neuf articles, neuf comme le dernier chiffre, la fin idéale de toute série. Un article est publié chaque jour à 11h30 sur le blog. Voici notre septième:

Croire et espérer

Alors que jusqu’à présent, nous nous sommes concentrés sur les sujets qui n’allaient pas, ou sur des sujets très concrets en définitive; aujourd’hui, nous allons parler d’espoir, que croire de nos espoirs, croire en nous, élections et espérance, bref, deux mots que nous allons triturer dans cet article.

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Croyance et espérance

Il s’agit, pour commencer, évidemment, de fixer les sens. Référons-nous alors au dictionnaire, pour notre part Le Petit Robert 2011. Nous prendrons, la définition des verbes croire et espérer:

Croire: I. 1. Tenir pour vrai ou véritable […], sens fort: Donner son plein assentiment à un vérité, avoir la certitude morale de. 2. (fin XIe) Tenir (qqun) pour sincère, véridique; ajouter foi à ce qu’il dit.

II. v. tr. ind. croire à, en: 1. lui accorder son adhésion morale ou intellectuelle […] 2. Tenir pour réel, vraisemblable ou possible.

Espérer: 1. considérer (ce qu’on désire) comme devant se réaliser 2. v. intr. Avoir confiance.

Nous le voyons, le verbe croire a à voir avec la caractère vrai que l’on accorde à une idée, et espérer fait appel au désir. Dès lors l’appréhension de l’avenir devient sujet à débat, faut-il croire en notre avenir, ou en un espérer un?

Croire en notre avenir renverrait donc, à une certaine rationalité, un considération réfléchie d’un avenir en lequel, nous pouvons croire. Nous pouvons tenir cet avenir pour possible. Aperçu de la sorte, l’avenir apparaît comme étant une religion, on croire en un avenir meilleur de la même manière dont on croit au Salut de notre âme. Nous tenons la réalisation de cet avenir comme possible étant donné la situation actuelle, il y a donc un certain rationalisme dans la croyance.

Espérer, par contre, renvoie à nos désirs, irrationnels. L’espoir en un avenir, serait donc un phantasme, voire une utopie.

Nos définitions ainsi posées, nous mènent à nous interroger, la politique doit-elle faire croire ou espérer?

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Politique, espérer et croire

La politique, doit évidemment nous faire espérer un avenir meilleur. Sans pour autant négliger de nous y faire croire. Les propositions d’un candidat par exemple à la présidentielle, doivent allier à la fois le rationalisme afin que nous croyons en son projet, mais également une part d’utopie d’un projet plus vaste qu’une simple et limitée mandature, qui nous fasse engager dans la voie d’un espoir.

Néanmoins, dans la crise, et depuis de nombreuses années, les politiques ont perdu le crédit qui faisait que nous pouvions les croire, mais aussi, du fait d’un vision court-termiste politicienne, ils ne soulèvent quasiment plus aucun espoir.

Il apparaît donc, qu’en dépit de l’attente, les élites politiques se soucient encore davantage de leurs carrières, de leurs revenus que du pays. En effet, chaque Homme politique semble aujourd’hui être un présidentiable potentiel, avoué ou non, les médias y ont une grande part, et contribuent certainement à faire ressortir les personnalités plutôt que les idées, et pourtant, aucun Homme politique ne s’y oppose, chacun convaincu que cela fait partie de l’ère du temps et y voyant conforté leur ego.

La politique, devrait pourtant être le débat d’idées, même s’il est clair que chaque idée est marquée par un individu, il ne faudrait pas penser que l’idée se réduit à l’individu. La politique, doit être crédible, que l’on puisse la croire, car elle ne ment pas, elle doit nous dire la vérité ce les possibles, selon elle. Chacun aura sa vision des possibles, mais de là à s’y opposer frontalement, non, ce ne pourra être que des affrontements sur des détails, mais il n’en sera donc que plus violent conduisant à tenter de décrédibiliser l’adversaire. Par ailleurs, la politique doit nous faire espérer, afin de nous montrer que les décisions en lesquelles nous devons croire ont un cap bien plus lointain que les prochaines élections, que même la mandature, voire que nos propres vies.

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Croire en, ou espérer son avenir?

Derrière cette discussion sémantique, où en arrivons-nous? À la question de l’à-venir. Puisque par définition, nous ne pouvons savoir ce qui sera, nous espérons ce que sera cet avenir.

Mais faut-il ou croire en ou espérer son avenir. Selon nous, les deux, car il faut y croire car il est nécessaire de penser que cet avenir que nous pensons est vraisemblable, possible, sinon, à quoi bon s’y diriger; cependant, il faut également, l’espérer afin de ne pas oublier la part de rêve indispensable à cet avenir que nous souhaitons.

À y regarder avec du recul, il faut croire en l’avenir car il peut apporter ce que l’on veut, et l’espérer car il pourrait voir se réaliser ce que l’on désir. Vous noterez, la subtilité avec les temps usés et les verbes vouloir et désirer.

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En somme, l’avenir est chose bien mystérieuse, et nous pourrions en avoir moins peur, en regardant notre passé, et en sachant appréhender un avenir qui n’est jamais une répétition d’un passé, mais toujours la création d’un futur passé.