Dettes, crises de l’euro, crise de la souveraineté

Alors qu’il n’aura échapper à personne que la lettre aux Parlementaires adressée par le Président de la République fait référence, implicitement, à l’adhésion demandée à la révision de la constitution, en cas de réunion du Congrès, consistant en l’adoption de ce que l’on nomme la “Règle d’or”, nous souhaitions nous interroger sur les évènements de ces derniers mois concernant la dette, que nous allons lier à l’euro, et à la souveraineté.

De la gestion des dettes souveraines1

Voilà de nombreuses décennies que les Etats, bercés soit dans un optimiste avenir de croissance grandiose, soit contraints par des peuples aveugles et endormis, soit un malheureux cumul des deux, se sont laissés emporter dans les affres du déficit, puis du déficit chronique pour aboutir à une dette colossale.

Ainsi en 2010, le déficit budgétaire de la France a atteint 7% du PIB, et la dette publique a atteint au premier trimestre 2011 84,5% soit 1 646,1 milliards d’euros (ou si vous voulez signez un chèque au fisc en cadeau: 1 646 100 000 000€) face à un budget en 2010 s’élevant à 267,2 milliards d’euros. Ainsi, la dette représente 2011 l’équivalent de plus de six fois le budget total de l’Etat de 2010. En conséquence de quoi, s’il nous voulions rembourser immédiatement notre dette, il faudrait multiplier par six les recettes de l’Etat en admettant que l’on réduise dans le même temps ses dépenses à rien.

Evidemment cela est impossible à réaliser, néanmoins la dette pose problème. En effet, si un Etat vit de manière chronique avec des dépenses supérieures à ses recettes, la situation devient explosive pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’effet boule de neige peut mener à emprunter pour rembourser, ce qui ne fait que grossir la dette, jusqu’à l’instant où elle devient ingérable et où la banqueroute indispensable. La banqueroute est une solution de court-terme mais qui pourrait s’avérer couteuse à long-terme tant la peur d’une nouvelle banqueroute fera grimper les nouveaux taux d’intérêt. Par ailleurs, la population ne comprendrait pas que ce qui n’a jamais posé problème jusques là, aujourd’hui soit la cause de réduction drastiques des dépenses, notamment sociales. Tout cela souligne l’inconséquence de nos gouvernants qui n’ont jamais voulu prendre à bras le corps le problème que posait la dette et qui aujourd’hui vont être contraints de demander d’énormes sacrifices pour leur mauvaise gestion passée. Cela dit, n’oublions pas, que ces mêmes gouvernants furent au pouvoir grâce à nos votes.

Il faut qu’en démocratie comme pour l’Union Européenne (UE), il faut attendre d’être au bord du précipice pour que les décisions se prennent, comme si l’on jugeait toujours le peuple immature et ne pouvant donc comprendre les grands enjeux de la dette, qui pourtant se résume aisément en une phrase: la capacité des générations futures à pouvoir entreprendre leurs décisions sans difficulté.

De la crise de l’euro et du nécessaire appel aux souverains

Cela nous mène naturellement donc à observer la crise de l’euro.  De réunion en réunions, les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro prennent des décisions afin de parer au plus urgent. Sauver la Grèce est normale, berceau de l’Europe enlevée à l’Orient, elle est le pays qui par son histoire a donner à l’Europe son identité particulière dans un monde d’actions, celle de penser, construire une pensée, la déconstruire, la détruire, pour renaitre telle le Phénix de ses cendres. L’idée d’Europe, fusse-t-elle Europe des Nations, comporte en elle, la solidarité. Quant à  ceux qui proposent de quitter le navire en pleine tempête, rien ne dit que les canaux de sauvetage soient plus viables que le navire lui-même. Il ne faudrait pas qu’en cas de crise, portées par la méfiance, la peur, et l’énervement des solutions trop extrêmes menaces l’avenir non pas d’un mais de dix-sept pays.

Si la sortie de l’euro est une solution possible, il ne faudrait pas qu’elle obère les autres solutions. Ces autres solutions que les gouvernants prennent à petits pas, comme l’intégration des politiques budgétaires. En fait, disons-le clairement, les peuples d’Europe hésitent, retour en arrière avec une indépendance plus forte des Etats, ou pas en avant vers une fédéralisation et la création d’un Etat européen en tant que tel.

Les politiques s’avancent prudemment, heureusement, mais il va falloir se frotter sérieusement au problème et faire des propositions aux peuples d’Europe afin de construire véritablement un Etat. Il faut dire qu’une telle optique si elle est plaisante, pour certains, intellectuellement ne se fera que par des sacrifices de chacun des Etats, et enlèvera aux gouvernants le bouc-émissaire facile et conciliant que sont l’UE et l’euro; de plus cela donnera de la crédibilité à l’Europe, qui au lieu de jouir des sièges des Etats et en plus de celui de l’UE, sera réduit à un seul siège, plus honnête.

Il faut donc pour régler définitivement tout problème, faire des propositions, dans un sens comme dans l’autre et laisser les peuples souverains choisir de l’avenir qu’ils veulent construire. Quelle Europe ou un retour dans quelles circonstances à la situation antérieure?

De la crise de la dette et du péril pour la souveraineté?

Tout au long de cet article, nous avons aperçu la question de la souveraineté. Aujourd’hui, les agences de notations que sont Standard & Poor’s, Moody’s, Fitch Ratings, sont montrés du doigt car par leurs notations, elles affectent les taux d’intérêts pratiqués envers les dettes souveraines, cela est cependant à rebours des déclarations de 2008, où les chefs d’Etat leur reprochaient de ne pas avoir aperçu le risque des subprimes, voilà qu’ils leur reprochent de nuire à la souveraineté des Etats en menaçant les capacités d’emprunt.

À notre sens, cela est une erreur de jugement, en effet, contracter des emprunts, c’est déjà menacer sa souveraineté, notamment comme dans la cas de la France où la majorité des bons du Trésor sont détenus par des investisseurs étrangers. Emettre des bons du Trésor, c’est montrer que l’on ne se finance pas suffisamment par soi-même, et donc les dépenses sont assujetties au bon-vouloir des investisseurs. S’endetter c’est perdre de sa souveraineté en étant contraint par la dette. detecter-faux-billet-euroLe jour où les investisseurs se détournent, la crise éclate et l’Etat fait défaut, donc les investisseurs ne lui font plus confiance.

La solution? Déjà faire en sorte que la dette soit au maximum détenue par des capitaux nationaux, ainsi la dette souveraine du Japon atteint presque les 200% du PIB, mais 94% de cette dette est détenue par des ménages japonais, et les 6% restants principalement par des grandes entreprises nationales, ce que l’on pourrait appeler donc de la bonne dette (cf. Bonne dette, mauvaise dette : l’exemple japonais), même si la véritable bonne dette est celle qui sera remboursée car aura permis de moderniser le pays et la croissance future couvrira la dette ancienne. Seul l’avenir peut juger de la qualité d’une dette et de son caractère judicieux.

Il est clair que le but d’un droit gouvernement est de gérer le présent par des dépenses le rendant supportable (dépenses de santé par exemple), mais surtout de préparer l’avenir (éducation, recherche, investissement…), la dette peut aider à cela, mais ne doit pas devenir une habitude car sinon elle compromet l’avenir justement, d’autant plus si les choix d’investissements d’avenir s’avéraient être de mauvais choix.


1: l’ensemble des données proviennent du site de l’Institut Nationale de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE)

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