De l’équipe de France, de la honte et du déshonneur; du football en général.

Vous n’y avez certainement pas échappé, la France a été éliminée de la coupe du Monde de football qui a lieu en ce moment en Afrique du Sud. Bien qu’à l’accoutumée nous n’eussions pas même consacré une ligne à ce pseudo-événement, le départ de la France est entourée de faits révélateurs, selon nous, de la société, française en particulier, actuelle. Aussi avons-nous décidé après un moment de réflexion de commenter ce non-événement. Pour cela nous traiterons, brièvement, de la défait logique et annoncée de l’équipe de France, puis au-delà de la honte, le déshonneur qui l’accompagne du fait du comportement de ladite équipe tant sur le terrain qu’en dehors; enfin nous aborderons, la question du poncif que constitue le pouvoir des médias.

D’une honte sportive logique et annoncée

Si nous faisons les comptes, après un Uruguay – France menant à un match nul avec un score vierge, arrive le coup de massue d’une défaite deux à zéro lors du France – Mexique, avant que l’hôte ne vienne parachever l’œuvre nullissime de l’équipe de France avec une défaite deux à un lors de France – Afrique du Sud, décevant. La France termine dernière de son groupe, jugé pourtant à sa portée, elle a en tout et pour tout marqué un unique but lors de ses matchs de poule, l’honneur sportif est relativement sauf.

Néanmoins, cette “débâcle” n’était à notre sens que pure logique, du moins du point de vue du contexte, expliquons-nous: tout d’abord, l’équipe est tournée en dérision depuis la fin de l’Euro 2008 pour le moins calamiteux, mais c’était surtout le sélectionneur qui était la cible des moqueries, en effet dans le football français, le sélectionneur joue le rôle que joue le Premier Ministre envers le Président de la République, quoique là, ça ait changé. Donc avant même son départ pour la Coupe du Monde, Raymond Domenech, connaissait son sort: viré. Dans ces conditions, nul ne peut penser que cela motive pour gagner une coupe du monde, quoique cela aurait eu quelque chose de risible – on gagne mais on vire le sélectionneur, c’eût été caustique, non? –. Par ailleurs, la qualification, hasardeuse, de l’équipe de France donnait un goût amère à ses supporters pour l’encourager…

Bref, l’équipe partait, sans un réel élan derrière elle en Afrique du Sud, mais nous surprendre elle devait, la victoire lavant toujours les errements, cependant ce ne fut pas le cas, et qui plus est l’équipe par son comportement a déshonoré la France.

Du déshonneur pour la France ou le sport nouveau complexe militaire français

Nombre de journalistes et parfois de politiques voient dans cette débâcle, un déshonneur pour la France. La France déshonorée moralement par la qualification “haut la main” de son équipe, déshonorée par l’image d’elle qu’a donné son équipe: “la France ou le pays de la grève”, déshonorée par son score sportif éliminée avec un unique point auquel répond à tout aussi unique but, pas très honorable pour l’ex-vice-championne du monde de football – certes les champions n’ont pas brillé, comme nous en 2002 d’ailleurs, souvenons-nous –.

La France s’est trouvée déshonorée, dans sa moral, quoi l’arrogante donneuse de leçons se qualifie pour la coupe du monde en Afrique du Sud par une main? Et là, peu de crie d’orfraie, non, voyons, c’est l’arbitre, il n’a pas vu la main, ce n’est qu’un fait de jeu. Admettons. Il faut parfois savoir profité des injustices. Néanmoins, se qualifier sur une injustice, il y a de quoi laisser les Irlandais… verts.

La France déshonorée par le comportement de son équipe, certes, elle n’est pas championne du monde, mais pour la médaille au concours du “m’as-tu vu?”, elle reste en lisse, avec des gardes du corps lors de la visite d’un township, on ne sait jamais, au cas où ces garnements de pauvres viendraient tenter de toucher ses riches immaculés. Vulgaire l’équipe de France. L’équipe de France, se paie un hôtel de luxe, soit, elle en a le droit, mais au moment où des millions de Français trouvent des difficultés à joindre les deux bouts… cela fait tâche. L’équipe de France fait grève, soit, inédit, grève pour quoi? Des retraites à défendre? Que nenni, il s’agit de défendre le camarade exclu avec véhémence à cause de la une du quotidien l’Equipe, titrant sur les propos supposés de Nicolas Anelka: “Va te faire enc…, sale fils de p…” * – espérons que la Fédération a fait son travail et n’a pas jugé que sur les faits rapportés –, classe tout en poésie. Et alors que l’équipe chercher le traitre, le public s’indigne, attend des explications, des mots qui doivent arriver dans n’importe quelle équipe prennent à la une d’un journal la tournure d’une affaire d’Etat. La France en revient donc à la sempiternelle question: “pourquoi sont-ils payés des millions pour si peu de résultats?”, grande question, mais la réponse est simple: car ils en rapportent bien plus encore, et oui, grand aveuglement des Français, car si ces bons hommes comme beaucoup en Europe amassent des sommes folles, ce n’est pas nécessairement pour leurs qualités footballistiques mais avant tout pour leurs qualités à attirer le chalands… Bref, le Français prêt à dépenser des milles et des cents pour des tonnes de produits doit admettre que ceux qui participent à ce que le Français achète se produit soit rémunéré, et le footballeur et le sportif en général entre dans la catégorie de ceux-là.

La France, enfin, déshonorée sur la plan sportif, elle la vice-championne du monde, balayée d’un revers de pied par l’Uruguay, le Mexique et l’Afrique du Sud? Le football est devenu, et nous ne pouvons que le regretter, le curseur de la fierté nationale, notre équipe de France perd et se comporte mal, haro sur elle et déshonneur pour la France; notre armée participe à la guerre en Afghanistan et doit porter de nouveaux morts? Notre armée participe à l’aide aux sinistrés lors des catastrophes dans le Sud? Quoi de plus normal… S’il y a quelques décennies nous aurions dit à nos soldats: “Vous êtes l’honneur de la France dans le Monde”, aujourd’hui, nous prêtons ce rôle à 23 manchots courants béatement derrière une balle, cela pour l’honneur de la patrie… consternant. Mais réjouissons-nous, la France est victorieuse en rugby, en handball… Le sport à défaut de faire gagner la guerre de l’image, a l’avantage de multiplier les batailles…

De la bronca médiatique et la question du pouvoir des médias

Ce qui nous a, nous, le plus marqué dans cet épisode, c’est le rôle des médias. Rôle croissant qui nous oblige à revenir sur ce poncif du XXIème siècle, le prétendu pouvoir des médias. Voilà maintenant, une semaine, sinon un mois que l’on nous prépare à l’événement planétaire de l’année 2010, non pas le sommet du G20, non pas le conflit gazier russo-biélorusse, non pas la réforme des retraites, non pas la rigueur qui se prépare en Europe, non pas la Chine qui montre une légère bonne volonté sur la valeur du yuan, non pas l’Allemagne qui reprend la main en Europe, non pas l’énième crise belge, non pas la montée des extrêmes-droite en Europe (Pays-Bas, Hongrie, Italie…), non pas le soixante-dixième anniversaire de l’appel du Général de Gaulle, non pas la question d’un éventuel drapeau néo-calédonien, non rien de tout cela, mais la coupe du monde de… football. Chacun ses priorités, à certains la réalité, à d’autres le rêve, de voir des héros – malheureusement c’en sont aujourd’hui – courir derrière un ballon. Donc l’équipe de France se devait d’être au rendez-vous!

Et là, si déjà, l’équipe était mise à mal par des critiques récurrentes sur son sélectionneur, critiques telles qu’elles ont fini par me le rendre sympathique, son côté professionnel de la sémantique par ses réponses faisant le reste. L’équipe s’est trouvée mise à mal par des questionnements: les joueurs gagnent trop? les joueurs sont immoraux – main d’Henry, affaire Zahia, affaire Anelka – ? les joueurs n’ont pas l’esprit d’équipe? Bref autant de questions qui ont mis en émoi la France… Bien que futiles, elles ont fait causer dans les chaumières, cela avec l’appui du premier quotidien national, j’ai nommé l’Equipe, tout un symbole qui à la manière des tabloïdes britanniques titra en citant Anelka: “Va te faire enc…, sale fils de p…” *equipe, vous ne nous en voudrez pas d’être un minimum polis. Loin de nous donc l’image du sport: fair-play, respect et tuti quanti. Avec la publication de cette citation, la France a été ébranlée – sans jeu de mots –, les médias, les journaux nous ont abreuvé de commentaires sur cette phrase, dont les intérêts poétique, sémantique et philosophique demeurent limités. Dès lors, on peut se poser la question: sont-ce les médias  qui ont fait l’affaire, ou bien l’opinion publique qui par son indignation a fait s’emballer la machine médiatique, la réponse est évidente, c’est l’opinion qui toujours décide du sujet qui va le plus l’intéresser, citation: “Il y a deux sortes de journalistes : ceux qui s’intéressent à ce qui intéresse le public ; et ceux qui intéressent le public à ce qui les intéresse – et ce sont les grands.” [Gilbert Cesbron, Extrait de Journal sans date II]. En clair, lors de cet épisode, le journaliste a parlé ce dont il voulait, l’opinion l’a suivi, et le débat des retraites est passé à la trappe avant de revenir ses jours-ci sur le devant de la scène.

Dernière petite note, la célèbre phrase d’Anelka*, a permis aux médias de se lâcher et je n’ai jamais autant entendu des mots jusques là remisé aux conversations de comptoirs, en témoigne cette parodie lors du 6-9, déjà habitué à la chose me direz-vous.

NOTES:

* Pour la phrase en entier: cf. image 3

> Pour terminer, une note positive, pensez que nous avons eu une équipe historique: première défaite face à la Chine, première défaite face au Mexique, première défaite face à l’Afrique du Sud, et enfin première mondiale: la grève de l’ensemble des joueurs d’une sélection. Une équipe historique.

Un an, déjà.

Petite note en ce 26 juin 2010, en effet voilà à présent un an, que je – oui pour une fois je vais user du “je” – publies sur ce blog, mes pensées, mes indignations, mes remarques. J’espère que vous ne vous en lassez pas, que vous n’êtes pas toujours d’accord, que vous-même réagissez à ce que je peux dire, même si vous ne débattez pas toujours dans les commentaires. Voilà, donc un an, il me semblait important de marqué ce premier anniversaire avec une succincte rétrospective.

JUIN 2009:

Le Roi et la Mort, la mort de Mickaël Jackson faisait tremblé le microcosme médiatique et ses fans. Nul ne put échapper à cette information, à moins d’être enfermé dans une émission de télé-réalité, et encore… Ce premier article marqua mon indignation à ce que les médias se consacrent autant à finalement si peu, la mort d’un homme, mais quel homme certes, hommage à lui, mais de là à en faire autant, il y a les limites du raisonnable. Imaginez si nous devions consacrer autant de temps à chaque personne qui meurt…

Mercantilisme, deuxième billet consacré à ma déception quant au fait que le cinéma de ma ville n’ait pas proposé la projection d’un film, préférant comme toujours les blockbusters aux plus petits films. Finalement j’ai pu voir ledit film, en mai de cette année 2010, un an plus tard donc…

150 ans d’indignation, réaction après la condamnation ubuesque de Madoff à 150 ans de prison, irrationnel… Comme beaucoup de détail de la culture étatsunienne qui m’échappe parfois.

JUILLET 2009:

Un 4 Juillet, atomique?, consacré au lancement de fusées effectué par la Corée du Nord.

Le baccalauréat du politique, année d’obtention pour moi du baccalauréat, j’en fais la critique.

L’Amitié et l’Avenir, petite réflexion sur l’amitié alors que l’obtention du baccalauréat et l’arrivée dans le supérieur signifiait l’éloignement de nombreux amis, et des questions toutes aussi nombreuses sur l’avenir.

Buzek, ou l’émergence de l’Est en Europe, l’élection de Buzek comme président du Parlement Européen marquait une éruption un peu plus marqué des pays de l’Est dans les affaires européennes… Dommage qu’un an plus tard, il n’y ait pas eu d’effets concrets, la Pologne n’ayant fait l’actualité que par la mort de son président.

Les guerres modernes racontées aux civils… et aux militaires, un livre qu’un an plus tard je ne peut que vous recommander à nouveau tellement il m’a ouvert l’esprit sur les questions militaires actuelles.

AOÛT 2009:

Suicide du travail au travail, questionnement sur la valeur travail amorcé à partir des suicides chez France Télécom.

Ces morts que le Japon honore et que le monde ignore, indignation quant au fait que le largage de la première bombe atomique ne soit pas commémoré dans le monde comme l’est le débarquement.

BNP ou les bonus de la crise, critique de la BNP qui faisait distribuait des bonus alors que la crise était bien amorcée.

L’envol d’Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi, article consacré à l’ingérence des Etats-Unis dans les décisions judiciaires écossaises qui m’a choqué bien plus que la libération d’Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi.

Les Corées pleurent leur rayon de Soleil, article évoquant la mort le 18 août 2009, peu relatée dans les médias français de Kim Dae-Jung qui avait œuvré pour le rapprochement des Corées.

Caster Semenya ou la performance oubliée, où je m’insurge contre le test de féminité demandé à l’encontre de l’athlète occultant par là même sa performance par des soupçons indignes. Cette affaire est également l’objet d’une brève en novembre 2009: retour sur la controverse Caster Semenya.

SEPTEMBRE 2009:

Taxe carbone ou pollution politico-médiatique, billet où je fais état de ma vision de la taxe et du débat fiscal en France sans cesse repoussé aux calendes grecques, aujourd’hui encore alors que le service de la dette demande toujours davantage.

OCTOBRE 2009:

Syndrome du Titanic ou de l’écologie qui coule vers le démagogique, où je commente le film de Nicolas Hulot qui avouons-le ne m’a pas transporté.

Des collectivités territoriales et de leur réforme, article où j’évoque la réforme des collectivités territoriales qui va entrer en vigueur, même si on en aperçoit pas le terme.

De l’esprit guerrier et du sport, le sport, vu par moi, comme la véritable guerre moderne entre les Nations. Puisque la guerre, n’est plus que contre des guérillas ou des groupuscules.

NOVEMBRE 2009:

Du droit d’autodétermination des peuples et de la souveraineté nationale, article où je reviens sur le conflit russo-géorgien et sur l’indépendance autoproclamée du Kosovo.

C.R.A.Z.Y., un film qui m’a beaucoup marqué et plu, à voir et à revoir, merci Arte!

DECEMBRE 2009:

Copenhague, l’illusion d’une gouvernance mondiale et l’écolo-doctrine, après le fiasco de Copenhague, interrogeons-nous sur la gouvernance mondiale et sur l’écologie.

De la souveraineté et de son respect, retour sur l’intrusion de Greenpeace à l’Assemblée Nationale et sur le conflit franco-suisse sur l’évasion fiscale.

Les personnalités de l’année 2009, petite palmarès de l’année 2009.

JANVIER 2010:

De l’identité, de la Nation et de l’identité nationale, retour sur le débat instauré par Eric Besson sur l’identité nationale.

FEVRIER 2010:

De l’Europe, des déficits et des dettes, alors que la crise grecque émergeait se posait la question de l’Europe, de la solidarité en Europe et de la question d’une éventuelle rigueur.

De la fin de la domination étatsunienne?, des suites des tensions sino-étatsuniennes, nous nous posions cette question.

De l’homosexualité et de la menace du Refuge, après les menaces de mort reçu au Refuge, nous évoquions la question de l’homosexualité.

Du surprenant, de l’époustouflant, du dernier Sherlock Holmes, critique du film, que j’assume malgré que mon avis ait évolué depuis.

MARS 2010:

Mars 2010, fut un mois de repos pour le blog, pour son auteur, moins puisqu’il n’a pas trouvé le temps à s’y consacrer.

AVRIL 2010:

De la justification de notre paradoxe, alors que je critique les réseaux sociaux, dont facebook, il m’a semblé indispensable de justifier de mon arrivée sur ledit réseau.

MAI 2010:

De la Russie faisant l’actualité, retour sur l’actualité de la Russie qui a marqué parfois malgré elle l’actualité des derniers mois.

De la sincérité, de l’Amitié, de l’académisme, de Piano Forest, un an après j’ai enfin pu voir au cinéma le film Piano Forest, en voici ma critique.

JUIN 2010:

Dès demain un article: De l’équipe de France, de la honte, du déshonneur; du football en général.

En vous disant, à l’année prochaine – espérons – pour un nouvel anniversaire, je vous souhaite une bonne lecture ou relecture de ce blog.