De l’Europe, des déficits et des dettes

L’Euro est-il en crise? En tout les cas, les marchés financiers spéculent et s’amusent à mettre en exergue les déficits, dettes et autre soucis de croissance de quelques Etats européens dont la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande pays que les traders anglais ont surnommés les P.I.G.S. pour Portugal, Irland, Greece, Spain. Au-delà de la redoutable poésie des marchés, ils nous rappellent qu’après la crise financière, la crise économique, la crise sociale, la crise monétaire n’est pas improbable.

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Des déficits et des dettes.

Si l’état des finances de la plupart des états dits industrialisés étaient déjà pour la plupart desdits états dans un état inquiétant, la crise a accentué l’importance des déficits et par là même accru les dettes.

La Grèce doit cette année afficher une croissance négative de 0,7%, en 2008 sa dette s’élevait à 99,2% du P.I.B., et pour 2010 cela dépassera à n’en pas douter les 100% et en 2008 7,7% de P.I.B. de déficit et en 2010 probablement au-delà de 12%.

L’Espagne quant à elle doit faire face à la crise de son immobilier, secteur crucial de l’Espagne pour ne pas dire le seul exit le tourisme. Mais sa dette n’est que de 60% ce qui lui laisse encore une marge confortable notamment par rapport au 70-80% de la France et de l’Allemagne.

Il faut d’ailleurs noter qu’en Europe les pays vertueux n’existent pas, même la dite très vertueuse Allemagne. En France, cependant, contrairement à l’Allemagne où l’on discute et on décide, en France depuis Giscard la France a des déficits chroniques, mais jamais un candidat, ni un gouvernant n’a jamais osé s’attaquer à ce problème. La question fiscale demeure en France et en Europe LA question que l’on se doit de résoudre, rapidement et sans pour autant bâcler la réponse.

Du jeu dangereux des marchés et spéculateurs.

Si le président de la République, les chefs d’Etats, les directeurs de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International avaient annoncé lors de leurs différentes réunions notamment aux G20 de Londres et de Pittsburg, tous promettaient de réguler la finance mondiale et de lutter  contre les ennemis désignés: les spéculateurs, or en ce début 2010 loin des fortes déclarations d’intentions nous revoilà avec des spéculateurs qui jouent à fond sur la dette grecque en faisant croître le taux pour les bons du trésor grecs, et autant lorsqu’il s’agissait de réguler la folie des banques et autres magna de la finance sur le risque qu’ils pouvaient représenter sur l’économie réelle, bon ça ne se bousculait guère au portillon. Cependant, à présent lesdits spéculateurs s’attaquent aux dettes souveraines, et là il est à espérer et il est à n’en pas douter que les mesures de rétorsion seront d’autant plus vigoureuses que l’on s’attaque aux moyens de l’Etat, aux moyens d’action des politiques. Autant une crise leur donne un rôle important et fait monter leur popularité autant une crise des dettes souveraines remet en cause leur pouvoir, leurs moyens d’action, aussi le match politique-finance se poursuit qui gagnera? La finance pourra-t-elle jouer au point de mettre en péril les équilibres des Etats?

De l’impossibilité d’une gouvernance économique de la zone euro.

Voilà des années que l’on en parle, que la France en particulier veut la mettre en place. Pourquoi cela ne se fait-il pas? À cela plusieurs raison: ni l’U.E. ni la zone euro ne sont des états en tant que tel, tout juste des organisations internationales, et dans aucun des traités il n’a été prévu que les états abandonnent leur compétence qu’est la gouvernance de leur économie. D’ailleurs quel en serait l’intérêt sinon pour la plupart des pays se dirent que tout compte fait l’Allemagne paiera?

Par ailleurs, il est clair que le statut ambivalent de l’U.E. qui n’a pas les mêmes frontières que la zone euro ni que l’espace Schengen contribue a compliqué les choses. Si l’U.E. a un fonctionnement interne digne d’un Etat fédéral, à l’extérieur elle n’en demeure pas moins une simple organisation internationale. Tout cela permet de dire que c’est la faute de l’Europe tout en sachant pertinemment, qu’elle n’a aucune compétence seule sans l’avis des 27 états qui la composent. Or il est clair qu’aucun gouvernement n’a intérêt à lever cette ambigüité ne serait-ce que pour des raisons politico-politique, un bouc émissaire qui s’en va rend plus difficile les campagnes. Néanmoins, il va arriver un temps où il faudra éclaircir la chose, l’U.E. est-elle un Etat? Les membres sont-ils prêts à lui abandonner leur souveraineté internationale? Les membres sont-il prêts à ne plus exister en temps qu’Etat souverain? S’il est clair que l’évolution de l’U.E. pousse à se poser la question, il est aussi évident que cela relève d’un doux rêve tenant du fait de la construction de l’U.E. elle-même qui s’est faite aux dépens des peuples, sans leurs avis. Pour preuve on a créé une citoyenneté européenne avant même qu’il y est un sentiment national européen. Nous sommes de fait tous européens mais qui se sent européen sinon Français et européen, Italien et européen, Slovène et européen, Allemand et européen, pour avoir un peuple européen il faudrait que chacun se sent Européen et Français, or aujourd’hui l’appartenance à un Etat souverain prédomine, si l’U.E. était souveraine cela changerait, mais avant cela encore faut-il que chacun des Etats soient prêts à disparaître internationalement, mais cela n’arrivera jamais ce pour plusieurs raisons, se pose le problème de la puissance atomique par exemple.

En conclusion toute l’ambivalence quant aux statuts de l’U.E. rend difficile une gouvernance économique européenne.

Pour toujours davantage d’informations consulter l’émission C dans l’air du mardi 9 février 2010: cliquez ici

 

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