De l’esprit guerrier et du sport

Dimanche 25 octobre 2009, des supporters du club parisien de football, le PSG et du club marseillais, l’OM, se sont affrontés dans les rues de la cité phocéenne suite à l’annonce tardive du report du match OM-PSG au stade Vélodrome. Voici, le reportage que France 2 a consacré à cet événement:

De l’esprit guerrier

Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la France et l’Occident connaît la paix sur son territoire, mais, certains penseurs qui pensaient que la guerre est une nécessité se trouvent malheureusement confortés dans leur vision de la guerre et de son utilité à l’Humanité. Faute de guerre, les gens se sont donc épris pour le sport, sorte de guerre moderne, le sport, matière importante la condition physique pour un militaire, parallèle facile certes, mais le sport, voit s’affronter le plus souvent 2 équipes, voire 2 personnes, ce qui n’est pas sans rappeler la guerre, néanmoins, le sport est supposé se dérouler dans le respect de l’adversaire, dans la tolérance mais aussi dans l’autocritique, en étant capable de montrer que l’on peut reconnaître sa défaite et la supériorité de l’adversaire lors de cette rencontre (on dit bien rencontre et non affrontement). Néanmoins, force est de constater que ceux qui jouent parfois ont un comportement qui n’honore pas le sport en général, dès lors, les spectateurs en font de même.

De l’esprit du totalitarisme

Peut-être me trouverez-vous excessif face à l’usage du terme totalitarisme, pour désigner les supporters, mettons-nous d’ores-et-déjà d’accord, je n’entends pas généraliser à tous les supporters, mais bien aux hooligans, ou aux supporters extrémistes, qui ne sont pas des fans, mais plutôt des fanatiques disons. Donc, ces fanatiques sont totalitaires, en ceci qu’ils n’admettent nullement l’opposition, la défaite n’en parlons pas. Dès lors tout ce qui peut aller à l’encontre de leur souhait: la victoire de leur équipe (notez le possessif) doit être détruit. De ce fait, les supporters adverses apparaissent naturellement comme un obstacle, donc…

De la responsabilité de la Ligue?

Immédiatement après les incidents, la Ligue de football a été pointée du doigt pour avoir pris la décisions de manière tardive, quelques heures avant le match, ce qui a fait que les supporters parisiens étaient déjà en chemin. Il est vrai que la Ligue aurait dû dès la veille annoncer le report du match au lieu de laisser l’espoir qu’il aurait lieu alors qu’il y avait des doutes, néanmoins cela ne justifie en rien le comportement des hooligans parisiens.

Des éventuelles solutions

François FILLON a réagi et à demander à ce que l’on étudie la possibilité que l’annonce d’un report soit fait nécessairement au moins 24h avant, ce qui éviterait ces conflits inutiles et absurdes. Au-delà de cette mesure technique, il va falloir penser à faire en sorte que le hooliganisme soit éradiqué, il ne me semble pas que ce soit partie intégrante du sport et du supporter que de chercher à se bagarrer et à nuire à l’intégrité physique de l’Autre. Aussi, puisque je ne suis pas d’avis que les guerres manquent (bien au contraire), la société doit trouver des sanctions fortes et efficaces, déjà l’interdiction réelle pour ses personnes d’assister au match et de se rendre aux abords des infrastructures les soirs de match, de plus ne serait-il pas judicieux d’éduquer le respect de l’Autre, adversaire ou non, il est clair néanmoins pour moi, que ces comportements sont une dérive naturelle du libéralisme qui fait s’opposer les individus pour des fins pécuniaires, sans aucun respect ni pour l’Autre ni pour une Morale quelconque, dès lors la violence étant partie prenante de nos sociétés, il va falloir réfléchir sérieusement à nos sociétés, nos modes de vie, nos modes de pensées…

Des collectivités territoriales et de leur réforme

Commune, Communauté de communes, Département, Région, Etat, Union Européenne, voici le “millefeuilles” des collectivités tant décrié par le gouvernement et qui serait (noté le conditionnel) raillé par nos voisins. Pour Nicolas SARKOZY: « On a laissé se créer un écheveau de complexités qu’il est, aujourd’hui, très difficile de dénouer ». Le gouvernement afin de remédier à la complexité et à l’empilement de ces collectivités a fait plusieurs propositions: la création d’un conseiller territorial qui remplacera les conseillers départementaux et régionaux, la création de métropole, un nettoyage parmi les structures intercommunales… Prenons donc ces mesures.

De la création du conseiller territorial et du mode de scrutin

Nicolas SARKOZY pense que 6000 élus aux départements et régions cela est trop, en effet, nous élisons des conseillers départementaux et des conseillers régionaux élus respectivement au scrutin majoritaire à deux tours par canton et au scrutin proportionnel de liste à deux tours par département. Le gouvernement propose qu’il n’y ait plus qu’un seul élu: le conseiller territorial dont le mode de scrutin est fort alambiqué, alors accrochez-vous:

  1. 80% des conseillers territoriaux seront élus au scrutin majoritaire à un tour dans des cantons redessinés, ce mode de scrutin inspiré du modèle anglais (et que la gauche avait proposé en 1972), n’est pas sans favorisé le parti qui arrive très souvent en tête au premier tour, soit l’UMP, en effet au premier tour la droite est déjà toute derrière l’UMP et la gauche demeure divisée, alors qu’au second tour, la gauche s’est unie et un des partis de gauche (souvent le PS) bénéficie du concours des voix des autres partis (PC, Verts…) alors que la droite ne peut pas faire appel à un tel appoint. Ce changement d’apparence anodine, cache un fond partisan; mais qui reprocherait à un parti au pouvoir de chercher à se favoriser? Il en eût été de même si la gauche avait le pouvoir.
  2. 20% restants le seront au scrutin proportionnel par département, ce qui va donc faire entrer au sein des conseils territoriaux nombre d’élus des “petits” partis, dont il ne vous aura pas échapper qu’ils sont pour la plupart à gauche.

Si dans l’apparence réduire le nombre d’élus, et n’avoir qu’un seul élu, qui siège et au département et à la région peut paraître logique, le mode de scrutin qui n’est pas foncièrement dans la culture française habituée aux scrutins à deux tours, majoritaire ou proportionnel, là un seul tour nous éloignerait de nos habitudes politiques, est-ce bien ou un mal? Personnellement je ne pense pas que ce soit profitable.

> N’hésitez pas à consulter ce billet sur ce mode de scrutin: ici

De la création de métropole et de la démocratie des communautés de communes

Par ailleurs, le gouvernement propose également la création de métropole pour les agglomérations de plus de 450 000 habitants au moins, elles auraient les compétences des régions et des départements (collèges, lycées, transport, action sociale…), Nicolas SARKOZY évoque la possibilité de « métropoles en réseau » permettant à des villes de moindre envergure de mutualiser leurs moyens dans des domaines précis (universités, laboratoires de recherche, équipements…). Une idée qui paraît bonne, à condition que ces métropoles s’accordent avec les villes que de fait elles absorberont afin d’avoir un plan de développement global cohérent ne laissant pas des communes notamment de l’opposition délibérément de côté. Ainsi, 8 métropoles régionales verraient le jour (Marseille, Lyon, Nantes…), mais uniquement si elles le souhaitent, ceci étant basé sur le volontariat.

De surcroît, le gouvernement propose que les élus communautaires (des communautés de communes) soient désignés au suffrage universel direct, lors des élections municipales, grâce à un « fléchage » qui indiquera, à l’avance, les candidats appelés à siéger dans la structure intercommunale. De quoi encore complexifier les scrutins pour électeurs. En effet, il m’aurait paru bien plus simple de dire que les conseils municipaux siègent au sein d’un grand conseil de communauté, voire même que l’on fasse un scrutin à part de celui des municipales pour les élus communautaires, pourquoi pas en même temps que les municipales, ce qui permettrait d’établir le lien entre ces deux structures plutôt que d’aller nous créer une usine à gaz avec du fléchage dont on ne sait comment il se concrétisera.

De l’avenir du département

Le département apparaît comme le grand sacrifié de cette réforme qui semble mener tant bien que mal vers sa suppression à terme. Si en tant que Vendéen je suis farouchement attaché à mon département et aux départements en général, je comprends que l’utilité d’un conseil général est limité, et je suis même favorable à ce que les futurs conseillers territoriaux n’aient pas à y siéger et qu’ils décident au sein des régions de l’aménagement des départements. Néanmoins, je suis attaché à l’identité départementale, ainsi proposé que le scrutin se fasse à l’échelle du département paraît plus cohérent qu’à l’échelle du canton qui n’a pas une existence concrète. Bref, conservons nos département, leur identité, leur richesse, mais sans pour autant qu’il soit nécessaire qu’ils bénéficient d’une administration propre, mieux vaut une administration cohérente au sein de la région partagée avec tous les départements que de multiplier les agents territoriaux faisant parfois doublons entre régions et départements.

Du financement des collectivités territoriales

Enfin, Nicolas SARKOZY l’avait annoncée lors d’une entrevue à l’Elysée, la taxe professionnelle va être supprimée, cette source de financement pour les collectivités territoriales avec les taxes foncière et d’habitation, ainsi que l’emploi. Dès lors quelle proposition le gouvernement fait aux collectivités afin de remplacer cette recette? Moins de compétences? Plus de moyens venant de l’Etat? Certes la probable disparition future du département, promet une baisse des impôts locaux, mais néanmoins, les collectivités vont de voir faire face à une diminution des recettes, quelles solutions? Une nouvelle taxe, si oui pour qui, sur quoi? Un nouvel impôt? Avec quelle assiette?

Nombre de questions demeurent sans réponse.

N.B.: Je vous laisse la vidéo de François FILLON défendant le projet du gouvernement en réponse à une question d’un député.

Syndrome du Titanic ou l’écologie qui coule vers le démagogique

Un samedi, alors que j’avais passé une petite journée, sans grand intérêt, mais j’avais gagné une place de cinéma gratuite, alors je me suis dit: Profitons-en! Cherchant un film à aller visionner je me suis dit, “Tiens le film de Hulot, ça devrait être intéressant!?”, bien mal m’en a pris! En effet, moi qui ne suis pas d’un scientisme parvenu, ni emporter par l’écologisme comme seule pensée valable dans ce vingt-et-unième commençant, je m’attendais à un film qui tacherai de me convaincre d’agir, grand fût ma déception…

Un fil conducteur inexistant.

Les images, des vérités s’enchaînent sans un véritable fil conducteur, sans un déroulement logique clair et précis, on passe de la pauvreté aux routes en plein désert, sans transition, sans que paraisse se dérouler un argumentaire clair et précis devant nos yeux, on assiste davantage à la restitution d’un cours d’un élève qui n’organise pas sa copie, qui ne fonctionne que pas juxtaposition sans suite logique ce qui condamne ce film à rester fort peu didactique.

De la dénonciation plus que démonstration, et de la tentative de moralisation passéiste. ‘on aurait pas dû’ pas de ‘on devrait’

En effet, nous assistons davantage à une dénonciation de la pauvreté, du gaspillage que l’Homme opère, de ces amoncellements de déchets informatiques envoyés dans les pays pauvres pour qu’ils soient traités au péril de la santé des gens. Qui pourrait ne pas s’en offusquer, comme de la pauvreté, il en est ainsi dans tout le film, “Je dénonce” sans que le téléspectateur puisse instinctivement être opposé. Ce film est affligeant de banalité dans ces thèmes: “oui il y a des pauvres, et c’est mal hein!”, “on a pollué et on pollue la planète et ce n’est pas bien”. Le film empreint de vertus moralisatrice, un Nicolas Hulot qui se serait réveillé du fantasme selon lequel il fallait ne pas croire que le progrès nous mène nécessairement vers de meilleurs horizons.

En conclusion, comme le film de Yann Arthus-Bertrand, c’est beau, on s’offusque de devoir perdre de beaux paysages, on s’étonne qu’il y ait encore des pauvres, mais aucune solution, aucune démonstration. On est loin de la qualité didactique d’Une Vérité qui Dérange d’Al Gore, qui non seulement balance des vérités mais apportent des preuves à l’appui, bien plus enrichissant, et admettant le débat contradictoire que les films Home et Le Syndrome du Titanic, qui vous envoie des vérités sans les démontrer comme si elles étaient évidentes… Sauf que les fausses-évidences existent, ces films n’admettent pas la contradiction, on a fait ça, oulala maintenant payons!

Par ailleurs, en aucun cas d’éventuelles solution sont présentées, par même des pistes de réflexion, Nicolas Hulot l’avoue lui-même: “Je n’ai pas la solution”, mais à quoi bon ce film alors, si ce n’est pour nous faire culpabiliser les fautes et rejeter facilement les fautes sur le passé?