Taxe carbone ou la pollution politico-médiatique

C’est l’information qui abreuve tous les journaux depuis quelques jours, la taxe carbone ou selon son nom la contribution climat énergie, les questions sont multiples, variées, tâchons d’en faire le résumé, et bien entendu, d’en faire la critique.

 

La taxe carbone, pourquoi faire?

D’après Wikipédia (article consacré ici), la lutte contre le réchauffement climatique peut se traduire par la mise en place d’une taxe spécifique sur les émissions de carbone. La réduction des émissions de gaz à effet de serre fait detecter-faux-billet-europartie d’engagements internationaux, comme le protocole de Kyoto. Si la taxe peut avoir pour objectif de réduire les émissions de CO2, gaz à effet de serre, elle peut aussi avoir pour objectif de préparer progressivement la société à un épuisement des ressources en énergies fossiles en augmentant leurs prix. Par ailleurs, elle peut réduire la dépendance énergétique des pays importateurs de pétrole, en élevant le prix de ces matières premières pour favoriser des énergies plus propres produites localement.

L’argumentaire du gouvernement se fonde donc logiquement non seulement sur le fait que cette taxe permettrait un réduction des émissions de CO2, de plus cela donnerait une bonne image de la France en vue de la conférence de  Copenhague qui doit, rappelons-le trouver une suite au protocole de Kyoto.

 

Le prix de la tonne de CO2.

François FILLON a annoncé que le prix de la tonne de CO2 serait de 14€, ce qui équivaudrait à une augmentation de quelques centimes d’euros sur le litre d’essence ou de gazole. Chacun s’accordera que l’effet sur les comportements sera nul à long terme, l’élasticité-prix sera en effet nulle sur le long-terme les ménages diminueront leur consommation d’autres biens (vêtements, culture, nourriture) pour pouvoir acheter autant d’essence afin de pouvoir se déplacer. Il est donc plus que probable que les effets de cette taxe soit nulle sur les émissions de CO2 à long-terme. Pour avoir un effet certain long, il faut frapper fort, le doublement du prix de l’essence aurait eu un impact déterminant, mais c’est évidemment irréaliste.

Par ailleurs il me semble contradictoire de mettre une prime à la casse sur les voitures, pour augmenter la vente de voiture et dans le même temps créer une taxe nouvelle sur ce qui permet de faire fonctionner cette même voiture? Récupérer ce que l’on a donner est un assez bon résumé.

 

Nouvel impôt? Taxe injuste? Doit-on redonner les montants de cette taxe? Une nouvelle taxe pour rééquilibrer le budget?

Nous le savons l’Etat accuse en France un déficit chronique depuis une quarantaine d’années, cette année, en raison des plans de relance, de recettes moins importantes, on nous annonce plus de 100 milliards de déficit budgétaire pour l’Etat. Dès lors le rapprochement, taxe carbone-déficit est facile à faire et il n’a échapper à personne bien évidemment. Pour couper court à cette idée que la taxe carbone pourrait servir finalement comme tout impôt à financer le fonctionnement de l’Etat le gouvernement a annoncé qu’il reverserait aux ménages tout ou partie des recettes de cette taxe, on attend l’arbitrage présidentiel pour savoir ce qu’il en sera.

Cette taxe suscite l’opposition notamment des ruraux ou des périurbains, contraints d’utiliser leur voiture pour se déplacer n’ayant pas de moyens valables à disposition. Dès lors l’opposition très française capitale-province, ville-campagne sera renforcée. De surcroît le gaz et le fioul seront aussi sujets à cette taxe, comment cela se passera-t-il pour les logements collectifs? Qui paie? Le locataire? Mais pourra-t-il contraindre son propriétaire à changer de mode de chauffage?

Par ailleurs reverser les bénéfices de cette taxe, d’accord, mais selon quels critères? Et de plus, le problème n’est pas tant la taxe que le manque de solutions de rechange abordable (voiture “verte”, isolation…), si cette taxe ne s’accompagne pas d’un effort d’innovation certains des entreprises, elle ne servira à rien et sera perçu en effet comme une “taxe de plus”.

 

Le débat fiscal français, toujours reporté aux calendes grecques

En effet, en France tout le monde se plaint des impôts, des taxes, mais tout le monde demande aussi toujours plus de services publics, il y a là une dichotomie. À quand un vrai débat politique sur le système fiscal en France, quel imposition voulons-nous? Quels services? Bref ce débat, je l’attends depuis longtemps, enfin aussi longtemps que ma pensée fiscale est claire, mais a priori vu le manque d’intérêt des politiques pour ce sujets et des électeurs qui se bornent à voter pour des gens charismatiques ou des gens de partis plutôt que pour des gens d’idées, on peut je le crains attendre longtemps encore!

 

> DESSIN: M. VIDBERG (blog)
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